retranscription

L’idée de retranscription est plus générale que celle de traduction qui viendra plus loin. Traduction suppose retranscription, mais l’inverse n’est pas nécessairement vrai. Ainsi il peut y avoir, en principe, une retranscription à l’identique (sans traduction, donc) même si, dans la réalité, cela semble douteux.

Chose remarquable, la notion de retranscription est d’une grande modernité, puisqu’elle sert aussi en biologie moléculaire dans la description des opérations qui concernent l’ADN, l’ARN messager et la composition des protéines à partir du code qui est transcrit ou retranscrit... et où il peut se produire des erreurs de transcription qui donnent lieu à des mutations génétiques. Nous n’irons pas jusqu’à assimiler ces erreurs de transcription aux refusements de traduction dont parle Freud, mais le fait qu’il fait appel, en 1896, à un processus transcriptif dans le domaine psychique d’une manière comparable à ce qu’on fera bien plus tard (années 1950-1960) dans le domaine de la biologie moléculaire est tout à fait intéressant.

Cette conception a parmi ses corollaires le fait que la transcription, puisqu’elle peut comporter des défauts de transcriptions, ouvre sur de possibles bifurcations dans le développement et donc qu’il ne saurait y avoir de produit parfaitement prévisible. Les aléas d’une histoire individuelle sont si nombreux, et les symbolisations-refoulements tout autant, que le fruit de leurs occurrences ne peut être prédit avec certitude; toute chaîne de développement s’avérera unique. Mais si nous ne pouvons prédire ce que  ce développement donnera au bout du compte, nous pouvons néanmoins formuler des schémas généraux sur le comment se produit ce développement. C’est en ce sens qu’une métapsychologie est possible.

Le diagramme proposé par Freud formule un tel “comment”, mais nous avons déjà indiqué qu’il présente un certain nombre d’insuffisances: linéarité temporelle, manque de clarté à propos des inscriptions, etc. Nous avons signalé qu’il y a lieu, moyennant quelques modifications, de conserver l’essentiel de ce diagramme tout en palliant à ses insuffisances.

Nous recomposons le diagramme de Freud ainsi:

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SPc= signe de perception; Ics(q)= inconscient au sens qualitatif; R= refoulement; Ics(r): inconscient refoulé ou systémique; Pm= présentation de mot; Pcs/Cs= préconscient-conscient

Les signes de perception (SPc) ne deviennent jamais conscients en tant que tels, mais nous supposons que ce sont eux qui, obscurément, donnent lieu  au sentiment qu’il y a... Ils sont inconscients au sens qualitatif , Ics(q); on pourrait les rapprocher de ce que Freud, dans le projet, a appelés « neurones ω » (oméga) et qui servaient à indiquer qu’il y a eu perception de la réalité externe. Les traces mnésiques, oour leur part, sont refoulées, inconscientes au sens systémique, Ics(r). Les présentations de mot (Pm) qui résultent elles aussi de la perception et qui ont donc suivi un chemin similaire à celui illustré ici, s’ajoutant aux présentations de chose rendent le tout capable de conscience: Pcs/Cs.
Il faut, bien entendu concevoir ce mécanisme comme une roue qui tourne et qui à chaque tour produit un résultat Pcs-Cs en même temps qu’elle laisse derrière des signes de perception (SPc) ainsi qu’une trace refoulée constituant l’inconscient au sens systémique (Ics(r)):

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